LAVER, LAVER… EN VERT!
07.23.08 - Leído 21 veces. Enviar esta notaMarc-André Sabourin
Les algues bleu-vert n’altèrent pas que les lacs, mais aussi le comportement des Québécois. Quand vient le temps de frotter, laver ou récurer, plusieurs se tournent maintenant vers des produits nettoyants écologiques.
Québec, CANADA; 23 juillet 2008.- Du moins, c’est ce que laisse présager la croissance fulgurante des entreprises spécialisées dans les détergents biologiques. «En six mois, nous avons connu une augmentation de 300 % des ventes», affirme Cécile Choyau, coordonnatrice des ventes de l’entreprise lavalloise Savons Prolav.
Même son de cloche du côté de la compagnie montréalaise Nettoyant Lemieux. «Il y a cinq ans, on n’avait aucun point de vente et aujourd’hui, on en a plus de 40 à travers tout le Québec. En un an, le chiffre d’affaires a bondi de 43 %», s’enthousiasme la propriétaire Andrée-Louise Lemieux.
Pour les deux femmes, il n’y a pas de doute, l’intérêt soudain pour les détergents biologiques est attribuable en partie aux cyanobactéries. «Depuis qu’on parle des algues bleues, la demande a explosé, affirme Andrée-Louise Lemieux. Les gens se sentent concernés, surtout quand c’est leur lac qui est touché.»
Les propriétaires de chalet s’intéressent surtout aux produits sans phosphate, principal responsable de l’éclosion des cyanobactéries. «Le savon à lave-vaisselle est très populaire», affirme Cécile Choyau. Au Canada, les nettoyants contenant le plus de phosphates sont les détergents à lave-vaisselle.
Bientôt, toute l’industrie des nettoyants devra suivre l’exemple donné par les deux entreprises. En décembre, le gouvernement provincial a adopté une loi interdisant, à partir de 2010, la vente de détergents dont la concentration en phosphates dépasse 0,5 %. Ottawa a emboîté le pas en février avec un règlement similaire.
Depuis quelques années, l’Association pour la protection de l’environnement du lac Saint-Charles (APEL) vend des nettoyants écologiques. «On offre ce service parce que ces produits étaient très difficiles à trouver, explique la directrice Mélanie Deslongchamps. Aujourd’hui, on en trouve partout, même sur les tablettes d’épiceries.»
Selon elle, l’utilisation de détergents écologiques est un pas dans la bonne direction. «C’est bien, mais il faut faire plus que ça. L’apport en phosphates des détergents dans les lacs est minime.»
Richard Carignan, un biologiste de l’Université de Montréal, abonde dans le même sens. «Dans les cours d’eau, 1 % du phosphate provient des détergents. Lorsqu’il y a des fosses septiques qui ne filtrent pas le phosphate, ça peut aller jusqu’à 15 %. Le reste vient d’ailleurs.»
À ses yeux, le principal coupable demeure l’agriculture. «La manière dont elle est pratiquée n’est pas durable. Il faut absolument changer de comportement.»
(Le Soleil)
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