LE FESTIVAL DE JAZZ DEVIENT CARBONEUTRE
06.11.08 - Leído 14 veces. Enviar esta notaFrançois Cardinal
Le Festival de jazz de Montréal compensera la totalité de ses émissions de gaz à effet de serre cet été, devenant le premier événement d’envergure à agir de la sorte en Amérique du Nord.
MONTREAL, Canada; 11 juin 2008.- La facture d’une telle opération étant passablement salée, le FIJM a décidé d’y associer son principal commanditaire, RioTintoAlcan. Ce dernier assumera ainsi le coût des crédits compensatoires, évalué à quelque 50 000$, qui serviront à développer des projets verts à l’étranger.
Pour s’afficher carboneutre, comme le veut l’expression consacrée, le Festival a d’abord dû évaluer la quantité de gaz à effet de serre émis autant par le transport des artistes, celui des employés et des festivaliers, que par la consommation d’électricité et le fonctionnement des génératrices d’appoint.
Estimées sommairement à quelque 2000 tonnes de CO2, les émissions du FIJM sont équivalentes aux émissions annuelles de 500 automobiles. Elles seront «neutralisées» par l’achat de crédits certifiés auprès de l’organisme Planetair, à qui l’on doit aussi la compensation des émissions des joueurs de hockey de la LNH.
«C’est, à ma connaissance, le premier festival de cette envergure à devenir carboneutre en Amérique du Nord, s’est réjoui Karel Mayrand, directeur de Planetair. C’est aussi le premier événement du genre à profiter de la compensation pour attirer un commanditaire, qui assumera les quelque 50 000$ nécessaires pour l’achat de crédits.»
Qualifiés d’indulgences vertes par certains, les crédits de compensation volontaire gagnent néanmoins en popularité partout en Occident, car ils permettent de s’attaquer à des émissions autrement difficiles à réduire. Pensons au déplacement en avion d’un artiste africain, par exemple.
La compensation s’appuie sur un principe simple: une tonne de CO2 émise ici est annulée par une tonne de CO2 évitée ailleurs.
«J’étais sceptique par rapport à la compensation au début, reconnaît Alain Simard, directeur du Festival. Puis j’ai lu les livres de David Suzuki et j’ai parlé à Sidney Ribaux, d’Équiterre. Cela m’a convaincu de la pertinence d’aller de l’avant.»
C’est ainsi que les émissions de dioxyde de carbone du Festival seront compensées par des investissements dans des projets énergétiques en Inde, en Indonésie et à Madagascar. Tout cela est certifié par l’étiquette Gold Standard, la plus élevée qui soit dans l’industrie.
UN GAGE D’EFFICACITE
Cette certification, mise de l’avant par une trentaine de groupes écolos, permet d’éviter de financer tout et n’importe quoi, comme cela s’est vu dans le passé. On met de côté tous les projets de plantation d’arbres, par exemple, qui se sont maintes fois avérés décevants. Le groupe musical Coldplay en a été témoin lorsqu’il a vu mourir un à un la presque totalité des 10 000 manguiers plantés en Inde en 2002 pour compenser les émissions liées au lancement de l’album A Rush of Blood to the Head.
Pour le Festival, il ne s’agit pas là «d’opportunisme», mais bien d’un réel souci environnemental. La preuve en est, selon Alain Simard, que le recyclage existe depuis 20 ans sur le site.
M. Simard est d’autant plus fier de son projet de compensation qu’il permettra éventuellement à d’autres festivals d’emboîter le pas. Le Fonds d’action québécois pour le développement durable (FAQDD) veut en effet profiter de cette expérience pour produire un guide, des outils et des conférences de formation à l’intention de l’ensemble des festivals québécois.
Pour l’heure, aucun autre événement d’une ampleur comparable n’a choisi de devenir carboneutre. Et ce, malgré que le représentant de Planetair ait rencontré en mars dernier les représentants des quelque 200 événements que commandite Loto-Québec. «Plusieurs se sont montrés intéressés, mais aucun n’a donné suite», a indiqué M. Mayrand.
(La Presse)
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