SAUVER LA PLANÈTE EN 10 MINUTES
04.22.08 - Leído 29 veces. Enviar esta notaFrançois Cardinal
À force d’entendre des scénarios apocalyptiques sur l’avenir de la planète, on a parfois envie de baisser les bras. Surtout qu’il n’y a pas de recettes toutes faites pour protéger l’environnement, de solutions simples et faciles à mettre en oeuvre. Mais on peut agir, mener à bien des dossiers cruciaux. Voici, en ce Jour de la Terre célébré partout sur la planète, cinq défis relevés avec succès ou en voie de l’être
MONTRÉAL, Canada; 22 Avril 2008.- Les livres de recettes se vendent comme des petits pains chauds. Di Stasio, Ricardo et le Dr Béliveau le prouvent à chaque nouvelle incursion dans les librairies: les Québécois raffolent de leurs solutions culinaires, de leurs manuels du parfait petit cuistot.
En ce Jour de la Terre, force est de constater que la même chose a cours en environnement: les citoyens cherchent plus que jamais des recettes, des solutions toutes faites qui les transformeront en parfaits petits écolos.
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Les Québécois, comme la plupart des Occidentaux d’ailleurs, ont en effet pris le virage des solutions ces derniers mois, délaissant le désespoir (des rapports sur les changements climatiques) au profit de l’espoir (des guides et des listes de gestes à faire).
Il n’y a qu’à jeter un coup d’oeil dans les kiosques de magazines et les librairies pour s’en convaincre. Protégez-Vous vient de sortir Le guide indispensable pour choisir autrement. National Geographic vient de lancer le Green Guide, un mensuel consacré à la consommation responsable. Le Times titre How to Win the War on Global Warming. Et le dernier New York Times Magazine est consacré aux solutions environnementales
En librairie sont apparus ces dernières semaines des titres comme Devenir une famille verte (Viviane Moreau), 250 gestes au quotidien pour contrer les changements climatiques (Bertrand Dumont) ou encore 10 minutes pour la planète: plus de 300 écogestes au quotidien (Anne Tardy).
On peut évidemment se réjouir de la pléthore de titres axés sur les solutions. Les listes de solutions, comme le récent Défi Climat lancé par le Conseil régional de l’environnement, incitent en effet certaines personnes à agir. Il n’y a d’ailleurs qu’à tendre l’oreille pour constater une ouverture croissante envers des gestes qui, naguère, étaient réservés aux «granos»: se rendre à vélo au travail, composter, acheter une auto hybride, etc.
UNE MENACE PLUS DIFFUSE
Cependant, on peut aussi se désoler de l’impression que la multiplication des guides laisse aux citoyens: réduire son empreinte environnementale est d’une simplicité inouïe. Voici cinq gestes qui vous déculpabiliseront pour de bon
Ce faisant, on applique à l’environnement une recette éprouvée avec succès ailleurs: tout est aujourd’hui possible sans effort. Vous pouvez maigrir tout en mangeant, faire de l’exercice assis devant votre téléviseur et sauver la planète entre deux déplacements en auto.
«All gain, no pain» (que des gains, pas d’efforts), résume le politologue Benjamin R. Barber dans son nouveau livre, Consumed. Selon cet auteur américain, la culture de consommation dans laquelle nous baignons nous habitue à privilégier l’action, seulement si elle est simple, facile et rapide.
Le problème, c’est que ces trois conditions sont difficilement conciliables avec la préservation de l’environnement. Il est plus exigeant de composter que de jeter à la poubelle, de traîner sa tasse en inox que d’en prendre une jetable ou de privilégier l’autobus à l’auto.
En outre, les solutions sont rarement «simples». Les sacs biodégradables sont intéressants si on a accès à une collecte de matières organiques. Les fluocompactes constituent un bon choix pour qui chauffe à l’électricité. La bouteille réutilisable est intéressante si elle ne contient pas de bisphénol A.
Voilà pourquoi les changements climatiques ne font pas partie des dossiers en voie d’être réglés (voir autres textes), comme les pluies acides ou la couche d’ozone. La menace est cette fois plus diffuse (on ne peut simplement bannir certaines substances toxiques) et plus inquiétante (on ne peut s’en protéger avec de la crème solaire).
Surtout, elle remet en question un si grand nombre de nos comportements et de nos habitudes qu’il est bien difficile d’y répondre avec des recettes toutes faites.
(La Presse)
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