|
|---|
L’HUMANITE SE RAPPROCHE DE LA CAPACITE LIMITE DE LA TERRE
Louis-Gilles Francoeur
La science indique que « les pressions exercées sur les écosystèmes terrestres poussent ces derniers vers leurs limites biophysiques et que ces limites sont presque déjà atteintes. Dans certains cas, elles sont déjà dépassées ».
MONTRÉAL, Québec, Canada ; 7 juin 2012.- Tel est bilan alarmant que dresse « GEO-5 », le cinquième bilan quinquennal de l’état de la planète du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE). « GEO-5 » est publié à deux semaines de l’assemblée générale extraordinaire des Nations unies qui se tiendra à Rio du 20 au 22 juin prochain. Le premier de ces bilans avait été publié avant la conférence de Rio de 1992, qui avait débouché sur les deux conventions internationales sur la protection du climat et de la biodiversité.
« GEO-5 » lance un avertissement très clair : « Si l’humanité ne modifie pas d’urgence ses façons de faire, plusieurs seuils critiques vont être franchis, au-delà desquels des changements abrupts et généralement irréversibles pour les fonctions de base de la vie sur Terre pourraient se produire. »
|
À RETENIR Les trois principaux facteurs de détérioration de l’environnement en Amérique du Nord sont la dépendance chronique au pétrole, et en particulier au charbon pour la production d’électricité (le 2e consommateur au monde), les monocultures qui accaparent 74 % des surfaces cultivées pour huit espèces végétales, et la consommation de viande, laquelle exige pour les élevages sept fois plus de céréales que ce que consomment directement les humains.80 % des populations nord-américaines sont urbaines. Une ville de 650 000 ha exige 3 millions d’hectares pour ses besoins, contre 280 000 ha pour une ville similaire en Inde. La consommation de calories a ralenti, augmentant désormais d’un peu moins de 3 % par année, contre 4 % avant 2007. La consommation en Amérique du Nord de biens importés de Chine correspond à de 8 à 12 % des émissions de GES de ce pays asiatique. |
« Si cette situation perdure, si les structures actuelles de production et de consommation des ressources naturelles continuent de prévaloir et si rien n’est fait pour inverser la tendance, les gouvernements devront assumer la responsabilité d’un niveau de dégradation et de dommages sans précédent », indiquait de son côté Achim Steiner, le directeur général du PNUE.
Le bilan dressé par « GEO-5 » indique sur 90 objectifs majeurs, convenus par la communauté internationale, des progrès significatifs ont été accomplis dans seulement quatre de ces dossiers, soit la protection de la couche d’ozone, l’élimination du plomb dans l’essence, l’accès à une eau de meilleure qualité et l’intensification de la recherche sur la pollution des mers.
Des progrès « mitigés » ont été enregistrés dans l’atteinte de 40 autres objectifs, notamment par l’augmentation des aires protégées, qui couvrent 13 % des terres émergées, et la réduction du taux annuel de déforestation, qui est passé de 16 à 13 millions d’hectares entre 2000 et 2010.
Peu ou pas de progrès du tout caractérisent 24 autres objectifs que s’est aussi donnés la communauté internationale dans les dossiers touchant notamment le climat, les stocks de poissons, la lutte contre la désertification et les sécheresses. Dans huit autres des 90 dossiers prioritaires, « GEO-5 » constate même d’importantes détériorations de la situation, notamment dans le cas des récifs coralliens, pour lesquels il n’existe aucun bilan global. Dans 14 autres dossiers pourtant dotés eux aussi d’objectifs acceptés au niveau international, aucune conclusion n’a été possible faute de données, précise le rapport.
1 2







