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DES EOLIENNES AMERICAINES AUX PORTES DE STANSTEAD

Louis-Gilles Francoeur  

L’installation de deux éoliennes du côté étasunien de la frontière bouleverse la petite municipalité de Stanstead, car les machines de 125 mètres se retrouveraient à une distance peu sécuritaire de résidences du côté québécois, ayant été repoussées le plus loin possible des propriétaires terriens du pays en face.

MONTRÉAL, Québec, Canada; 27 avril 2012.- En somme, pour ne pas nuire aux propriétaires dont elle loue les terres, la société Encore Redevelopment a collé littéralement ses deux machines le plus près possible des résidences québécoises.

Cette société n’a pas encore obtenu le feu vert du Vermont Public Service Board pour son projet. Elle fait face à de l’opposition du côté des États-Unis aussi, dans les deux petites localités de Holland et de Derby Line. Du côté québécois, la municipalité de Stanstead a pris position, le 17 avril, contre ce projet en raison des inconvénients que ce projet ferait subir à certains de ses citoyens.

Le promoteur de son côté se dit prêt à négocier des compensations avec la municipalité de Stanstead, tout comme il en propose aux municipalités de Holland et de Derby Line. Mais pour le maire de Stanstead, Philippe Dutil, des compensations à la municipalité ne vont pas régler les problèmes de santé, voire les dangers que pourraient courir certains propriétaires de maisons situées, du côté québécois, vraiment trop près des éoliennes.

La plus proche des éoliennes de 125 mètres pourrait se retrouver aussi près qu’à 100 mètres d’une résidence.

Selon le porte-parole de Encore Redevelopment, Chad Farrell, les éoliennes de 125 mètres vont se retrouver à 340 mètres des plus proches résidences du côté des États-Unis. Par contre, du côté québécois, la plus proche des deux éoliennes pourrait se retrouver aussi près qu’à 100 mètres d’une résidence.

Au Québec, des MRC ont adopté des distances séparatrices de 500 mètres entre toute éolienne de grande taille et les résidences. L’une d’elles, sur la rive sud, a récemment imposé par règlement une distance minimale de 750 mètres.

Le maire de Stanstead estime par ailleurs que les propriétés riveraines trop proches des machines géantes pourraient accuser une perte de valeur dépassant sensiblement les 2 ou 3 % qu’invoque le promoteur. Mais, a-t-il déclaré à la Tribune de Sherbrooke : « Nous ne sommes pas intéressés par l’argent de ce promoteur. Ce ne sont pas des montants d’argent qui pourraient atténuer les effets des éoliennes sur la santé de nos citoyens. Le problème, c’est que le projet se ferait beaucoup trop près de la frontière et de certaines maisons construites sur notre territoire. »

Le maire ne s’illusionne toutefois pas sur le poids de sa municipalité dans cette affaire qui va se trancher devant le Vermont Public Service Board, où on ne semble pas particulièrement sensible au sort des voisins québécois dans cette affaire.

Les résidants de l’endroit, qui envisagent de s’allier avec les opposants de l’autre côté de la frontière, songent aussi à manifester. Mais ils cherchent, en vain jusqu’ici, des alliés dans la classe politique fédérale où on semble plaider l’impuissance avant même d’avoir essayé, y compris du côté du NPD.

Le Canada a depuis le début du xxe siècle un traité sur les eaux limitrophes en vertu duquel chacun des deux pays signataires s’est engagé à ne rien faire qui puisse contaminer les eaux de surface ou souterraines de l’autre côté de la frontière. C’est ainsi que dans les années 80 le projet de site d’enfouissement de déchets nucléaires projetés du côté des États-Unis a été abandonné, car il aurait pu contaminer les eaux souterraines du côté canadien. Mais aucun traité du genre ne couvre les inconvénients de projets qui n’ont pas d’incidences sur les eaux, comme ce projet éolien.

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Publicado por Rodrigo en abril 27 2012. Archivado bajo EcoNegocios, Internacionales. Puedes seguir las respuestas de esta entrada por el RSS 2.0. Los comentarios y pings están cerrados por el momento.

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